Trois associations déposent une requête en annulation contre l’Etat belge

Droits et Actions en justice, Informations associatives, Législation et Parlements, Médias, Politique

Le GAMP (Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places pour les personnes handicapées de grande dépendance) vient de déposer, de concert avec la Ligue des Droits Humains et Médecins du Monde, une requête en annulation devant la Cour Constitutionnelle contre l’Etat belge.

 

Nous attirons l’attention sur le fait que la loi du 26 mars 2018 relative au renforcement de la croissance économique et de la cohésion sociale, et plus précisément son art. 23, est discriminatoire et anticonstitutionnel.Cet article introduit une nouvelle condition d’accès à l’allocation de remplacement de revenu pour personnes handicapées (ARR), subordonnant dorénavant l’accès à celle-ci à une condition de résidence de 10 ans en Belgique, dont 5 années de résidence ininterrompues.

 

C’est pour cette raison que, en solidarité avec deux autres ASBL (Médecins du Monde et la Ligue des Droits Humains), nous avons déposé, le premier octobre 2018, une requête en annulation devant la Cour Constitutionnelle de Belgique.

 

L’ARR, depuis la loi du 27 février 1987,est un régime d’assistance pour les personnes handicapées. Concrètement, depuis 1987, l’Etat fixait parmi les conditions d’octroi à cette allocation l’obligation pour le bénéficiaire d’avoir sa résidence principale en Belgique,sans condition supplémentaire sur ce point.

 

Le GAMP s’oppose clairement à l’art. 23 de la loi du 26 mars 2018. Premièrement, car celle-ci établit une différence de traitement parmi les personnes résidant légalement en Belgique : entre celles qui ont eu une résidence effective dans le Royaume pendant au moins 10 ans et celles qui ne peuvent justifier une telle durée de résidence. Ainsi, des citoyens de nationalité belge ou non pourraient être traités de manière différente pour le même handicap, ce qui va à l’encontre de l’égalité devant la Loi que garantissent les art. 10 et 11 de notre Constitution.

 

Le législateur, dans l’exposé des motifs de cette loi, justifiait la nouvelle condition d’octroi de l’ARR par le fait qu’elle permettrait « […] de renforcer le lien que le bénéficiaire doit avoir avec la Belgique et son système d’assistance sociale. »[1]

 

Cette nouvelle norme ne discrimine dès lors pas uniquement de notre système de sécurité sociale des réfugiés étrangers à l’Union Européenne, mais porte aussi atteinte aux droits de citoyens handicapés européens. L’ARR avait à l’origine pour but de protéger l’une des catégories les plus vulnérables de notre nation, non à prouver un quelconque attachement à celle-ci. Une condition de résidence d’une durée de 10 ans semble complètement disproportionnée au regard des objectifs visés par le législateur, et ne peut qu’être la source de graves discriminations que nous combattons ouvertement depuis notre création en 2005.

 

En parallèle à notre requête, la Ligue des Droits Humains a introduit devant la Cour Constitutionnelle un recours contre la loi du 27 janvier 2017. De la même manière que pour l’ARR, cette loi introduisait une nouvelle condition d’octroi du revenu minimum à la personne âgée (GRAPA), à savoir : une condition de résidence en Belgique de dix années, avec au moins cinq années ininterrompues. La Cour Constitutionnelle a décidé le 23 janvier dernier d’annuler la nouvelle loi GRAPA, arguant que cette loi était un recul significatif du niveau de protection offert aux citoyens. Le scénario est le même.

 

Retrouvez les articles parus dans la presse en réponse a notre communiqué : 
Le Soir
Le Vif


[1] Doc. Parl., Ch. Représ., DOC 54 2839/001, p. 184.

Mission « autisme » au Canada

Autisme

En novembre 2018, la Ministre Céline Fremault, en charge de la politique du handicap à Bruxelles, a organisé un court voyage au Québec (Canada) avec une délégation d’experts du secteur de l’autisme, une délégation ministérielle ainsi qu’une journaliste de La Libre. Parmi eux, était présent un représentant des associations de parents, Mme Cinzia Agoni, porte-parole du GAMP et présidente de l’asbl Inforautisme.

 

L’objectif de ce voyage était de s’informer sur la prise en charge au Québec des personnes autistes et d’échanger les pratiques entre experts des deux pays.

 

Pendant trois jours, la délégation belge, guidée et accompagnée par le Délégué de la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Consul Général au Québec, a effectué plusieurs visites. Le bilan est fructueux et très intéressant. Nous avons rencontré les représentants du Ministère de l’Education et de l’Enseignement supérieur, du Ministère de la Santé et des Services Sociaux ainsi que de l’Office des Personnes Handicapées du Québec (OPHQ). Nous avons passé une demi-journée avec les chercheurs universitaires de l’UQAM (Université du Québec à Montréal) et avons rencontré les représentants de l’Institut universitaire de Santé mentale Douglas. Nous avons pu visiter différentes classes dans une école ordinaire et une spécialisée, ainsi qu’une maison de répit pour adultes. Enfin, nous avons aussi rencontré l’équipe éducative du Musée de Beaux-Arts de Montréal, spécialisée dans l’accueil du handicap et l’art-thérapie alliant éducation et mieux-être.

 

Voici un bref résumé de ce que nous avons pu apprendre lors des différentes visites. Un article plus détaillé sera publié ultérieurement.
La politique du handicap est menée dans le cadre du Ministère de la Santé et coordonnée par l’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ).

 

En ligne générale, nous avons pu constater que la société canadienne est animée par un esprit nettement plus inclusif de toutes les différences, et donc du handicap. Le plan d’action actuel sur le Trouble du Spectre de l’Autisme (TSA) 2017-2022, tout comme le plan stratégique de l’OPHQ 2014-2019 démontrent cette volonté. De nombreux services généralistes sont donc tenus d’inclure l’aide aux personnes handicapées. Mais même dans le contexte de services plus spécialisés, la philosophie inclusive reste le fil conducteur de toute pratique.

 

Diagnostic et petite enfance

 

A l’heure actuelle, il n’y a pas encore de dépistage systématique d’un TSA, mais il existe des opérateurs de première ligne pour le dépistage avant 4 ans ainsi que dans le cadre préscolaire, de 4 à 6 ans. Ces opérateurs se retrouvent dans différents services généralistes et spécialisés et à l’école maternelle. L’outil le plus répandu est le M-CHAT. Les opérateurs sont obligés d’alerter les parents en cas de soupçon d’un TSA. Un projet de dépistage précoce basé sur des formulaires remplis par les parents est en cours de développement dans le cadre de la Plateforme A.I.D.E.

 

Une fois posé le diagnostic, le gouvernement subsidie, depuis plusieurs années, l’Intervention Comportementale Intensive (ICI) dans le cadre du service public. Ces interventions sont basées sur l’ABA (Analyse du Comportement Appliquée) et prévoient 20 heures hebdomadaires de stimulation individuelle (1 pour 1). Les intervenants suivent un cursus de formation en ABA de 3 ans et sont supervisés par des spécialistes BCBA (années supplémentaires d’approfondissement et certification internationale). Elles s’adressent aux enfants de 2 à 5 ans. Les interventions se poursuivent en milieu scolaire afin de permettre à l’enfant une adaptation idéale. Pour en bénéficier pleinement, il faut donc que le diagnostic soit posé précocement et qu’il y ait de la place dans les services ICI. Les services publics accusent, comme chez nous, de longues listes d’attente, aussi bien pour le diagnostic que pour les interventions précoces. A l’heure actuelle, seul 1 enfant sur 5 peut bénéficier de l’ICI dans le cadre du service public. Ces mêmes interventions se développent donc aussi dans le secteur privé pour les familles qui peuvent se le permettre du point de vue financier ou qui souscrivent des assurances complémentaires.

 

Les familles en attente ne sont pas laissées pour compte. Elles reçoivent une formation en ligne (8 modules), une aide et une guidance à domicile et des allocations pour le répit et le dépannage.

 

Education et enseignement

 

Au Québec, le droit à l’école et notamment à l’école inclusive est acté dans la loi. Néanmoins, l’inclusion n’est pas totale et un système d’enseignement spécialisé subsiste.  74% des élèves handicapés sont inclus dans des classes ordinaires avec ou sans aides spécifiques. Pour ce qui est des enfants autistes, le pourcentage d’inclusion est de 45%. Pour être inclus dans le système ordinaire, il faut pouvoir suivre le programme officiel.

Nous avons visité deux types d’école : une école ordinaire et une école spécialisée. Trois options de scolarisation sont possibles pour les enfants TSA :

 

Au sein de l’enseignement ordinaire en classe ordinaire : pour les enfants autistes qui peuvent suivre le programme ordinaire, avec ou sans aménagements, venant ou pas d’un système spécialisé. Les enfants ont pour la plupart bénéficié d’ICI.
Au sein de l’enseignement ordinaire en classe dite « fermée » : pour les élèves qui nécessitent un accompagnement spécialisé et dans le but d’intégrer ensuite une classe ordinaire. C’est l’équivalent de nos classes « inclusives ».
Dans l’enseignement spécialisé. Les élèves poursuivront pour la plupart leur formation en enseignement spécialisé mais ces écoles organisent de nombreuses activités inclusives dans la communauté.
Quel que soit l’option, le personnel spécialisé est formé aux approches éducatives (TEACCH notamment) et comportementales (ABA) ainsi qu’aux méthodes de communication alternative (PECS).

 

Nous avons été impressionnés par les moyens mis à leur disposition et notamment dans l’enseignement spécialisé, où les élèves présentent un autisme sévère et des difficultés d’apprentissage et de comportement. Le taux d’encadrement y est très important. Les classes accueillent 6 à 7 élèves maximum. 2 adultes, un enseignant et un éducateur spécialisé, y sont affectés en permanence. Chaque élève a son programme individualisé établi en collaboration avec les familles. Un aide-mémoire reprenant les lignes directrices du programme, les points à travailler, les forces et les difficultés de l’élève, ses moyens de communication, etc. est affiché au-dessus de son espace de travail. Car en plus que les deux membres du personnel de la classe, une équipe volante d’éducateurs et pédagogues est disponible, à tour de rôle, pour intervenir dans les différentes classes.

 

Concernant l’accueil des adultes, l’effort inclusif consenti tout au long de l’enfance et de l’adolescence ne permet pas toujours d’aboutir à une autonomie suffisante.
Les adultes autistes avec un bon niveau de fonctionnement sont inclus avec succès et aides adaptées dans le cadre des études supérieures et universitaires. Ils mènent ensuite une carrière en milieu ordinaire. Les adultes avec une déficit léger s’intègrent plutôt dans les entreprises de travail adaptées.

 

Par contre, l’accompagnement des adultes autistes avec handicaps plus sévères semble être plutôt carencé. Ainsi, comme chez nous, ce sont souvent les parents qui développent des projets et initiatives avec l’aide financière de fondations privées et ensuite des instances publiques.

 

Les maisons de répit sont assez répandues, nous en avons visité une qui fonctionne dans le cadre d’un partenariat public-privé : les frais d’’infrastructure et rénovation ont été pris en charge par une fondation et le gouvernement subsidie le fonctionnement (3 jours semaine) par différents moyens : un subside de base venant de la province et un programme fédéral qui permet d’employer des étudiants en été. Néanmoins, cela n’est pas suffisant pour accueillir jour et nuit des personnes tout au long de la semaine.  Les we et les lundis sont ainsi privilégiés pour soulager les familles. Les services d’accueil et d’hébergement tels que nous les connaissons en Belgique représentent une solution moins répandue. L’Institut de santé mental Douglas nous a fait part d’une option beaucoup plus développée au Québec qu’en Belgique : l’accueil familial.

Action « Les masques en carton » au Parlement Bruxellois francophone du 26 octobre 2018

GAMP actions et sit-in, Handicap Grande Dépendance, Médias, Politique

 


Comme de coutume, la Présidente du Parlement Francophone Bruxellois, Mme Julie de Groote, a invité le GAMP à l’occasion de la déclaration de politique générale de la COCOF pour la future année parlementaire.

 

Sarah Moon Howe​, maman d’un enfant avec un handicap et membre du GAMP​, a mené une action choc.
Le GAMP a réalisé une capsule vidéo pour l’occasion :

 

« LES MASQUES EN CARTON » :

 

 

Retrouvez également le sujet traité par BX1:

 

Nouvelle rubrique vidéo : « Les dossiers du GAMP »

GAMP actions et sit-in, Handicap Grande Dépendance, Médias

Dans le cadre de la Journée Internationale des Personnes Handicapées, le GAMP a décidé de réaliser une série de courtes vidéos réunissant des témoignages de personnes directement liées au handicap de grande dépendance.

 

La première d’entres-elles a pour sujet la définition de la grande dépendance ainsi que l’introduction des plans qui en découlent.

 

 

  La série « Les dossiers du GAMP » comprend 5 capsules vidéos:

 

      • #2 – Le manque de places : Témoignages de deux mamans concernant le manque de solutions adaptées pour leurs enfants, handicapés de grande dépendance.
      • #3 – Un enseignement spécial : Témoignages de deux mamans sur l’enseignement spécialisé. Cela ne représente bien évidemment pas toutes les familles, ni toutes les écoles spécialisées, mais ces témoignages ne sont pas rares dans le contexte de la grande dépendance, nous en recueillons régulièrement des similaires par téléphone et par écrit.
      • #5 – l’inclusion : Cette dernière vidéo aborde le sujet de l’inclusion. Grosse bête noire de notre société, découvrez ce qu’en pensent nos témoins.

Retrouvez toutes nos vidéos sur notre chaîne YouTube

 

Le jeudi de l’Hémicycle

Autisme, Droits et Actions en justice, Informations associatives

Dans le cadre des Jeudis de l’hémicycle, le Parlement Francophone Bruxellois et le GAMP (Groupe d’Action qui dénonce le Manque de Places pour personnes handicapées de grande dépendance) en collaboration avec l’asbl Inforautisme, ont le plaisir de vous convier à une matinée consacrée à :  

La trajectoire de vie des personnes avec TSA (Troubles du Spectre de l’Autisme)
en Belgique francophone – 17 janvier 2019 de 9h à 13h

 

Programme :

 

    9h00 – Accueil des participants.
    9h15 – Mots d’introduction par Julie de GROOTE, Présidente du Parlement Francophone Bruxellois et par un membre du GAMP.
    9h35 –  Dépistage, diagnostic et accompagnement de la petite enfance.
    (Vidéo de témoignages – Christelle NINFORGE, directrice du SUSA Bruxelles.)
    10h00 –   Une école de qualité pour les élèves avec TSA.
    (Vidéo de témoignages – Ghislain MAGEROTTE, Professeur émérite UMONS.)
    10h25 –  De la grande dépendance à l’inclusion : les défis de l’âge adulte.
    (Promoteurs de projets bruxellois : La Coupole Bruxelloise de l’Autisme et Les Pilotis.)
    10h50 –  Conclusion et perspectives
    (Cinzia AGONI, porte-parole du GAMP et présidente d’Inforautisme asbl.)
    11h15 –  Echanges avec la salle.
    12h00 –  Clôture de la séance suivie d’un drink et sandwiches.

>>> Inscription obligatoire avant le 15/01/2019 : event.gamp@gmail.com

 

Entrée : rue du Lombard, 69 – 1000 Bruxelles
Bus 48 ou 95 – Métro Gare centrale, Bourse ou Anneessens

 

 

 

www.parlementfrancophone.brussels


												
					

Table ronde associative dans le cadre du certificat interuniversitaire en TSA organisé à l’ULB

Autisme, GAMP événements et formations

 

Le certificat interuniversitaire en TSA (Troubles du Spectre de l’Autisme) a été mis en place en 2018 et prendra fin au mois de décembre. Le GAMP fut consulté à plusieurs reprises dans ce contexte et a contribué financièrement à la participation des parents et proches. Un nouveau cycle de cours est prévu en 2019 et 2020. Pour plus d’informations, veuillez vous rendre sur le site de l’ULB.
 
Dans le cadre du certificat, ce vendredi 12 octobre, nous étions conviés à une journée de formation sur la situation de l’autisme en Belgique. Dans la matinée, nous avons assisté à la présentation du « Plan transversal Autisme » francophone par Etienne Coppieters du cabinet de la Ministre Céline Fremault, de « La situation de l’autisme en Flandre » par le Pr. Jean Steyaert de la KUL, des « Guides de Bonnes Pratiques cliniques » par le Pr. Ghislain Magerotte de l’UMons.
 
Lors de la table ronde associative de l’après-midi, étaient présentes les associations suivantes : Autisme en Action, Autisme Liège, Inforautisme, GAMP, Plateforme Autisolidarité (qui compte 19 associations francophones et dont toutes les associations présentes font partie) représentée par l’association Dans les yeux de Lou. Les associations ont parlé d’une même voix ! Les représentants des familles de toute la Belgique francophone ont fait état du manque cruel de services adaptés et de leurs nombreux besoins. Tous les sujets n’ont pu être abordés mais nous avons insisté sur les questions suivantes :
 
Le dépistage et le diagnostic précoces : les familles réclament la généralisation du programme de formation des professionnels « Starter » (actuellement destiné à la seule utilisation des médecins via le site de l’ONE) et de l’outil de détection précoce des signes d’autisme chez les jeunes enfants (15-22 mois) M-CHAT, que l’on trouve d’accès libre sur le site d’Inforautisme depuis 15 ans et qui est repris aussi dans le cadre du programme Starter. Nous avons en outre déploré la capacité insuffisante des Centres de Référence Autisme et les listes d’attente beaucoup trop longues (6 mois pour les enfants, 2 ans au moins pour les adultes).
 
Des interventions éducatives et comportementales (PECS, ABA, TEACCH) adaptées : les services existants spécialisés ne peuvent répondre à toutes les demandes. D’autre part, de nombreux services, comme par exemple la plupart des centres de revalidation ambulatoire, ne connaissent pas ces outils et sont pourtant largement subsidiés par les pouvoirs publics via des conventions autisme ! Nous avons fait remarquer que les guides de bonnes pratiques nationaux du CSS et du KCE n’ont même pas été mentionnés dans le Plan Autisme !
 
La formation obligatoire des enseignants des écoles spécialisées : plusieurs témoignages des élèves du certificat confirment ce que nous dénonçons depuis longtemps, à savoir que de nombreux enseignants ne connaissent pas l’autisme ni les pratiques éducatives utiles pour enseigner dans une classe à pédagogie adaptée. C’est une absurdité !
 
L’inclusion scolaire pour tous : il est indispensable de revoir le système scolaire et de permettre aux enfants handicapés de fréquenter l’école ordinaire avec le support direct dans les classes des enseignants spécialisés. Ceci est une exigence des conventions internationales des droits de l’enfant et des personnes handicapées ratifiées par la Belgique. A terme, l’enseignement spécialisé devrait disparaître et les moyens qui y sont dédiés devraient glisser vers l’école pour tous.
 
Le manque de places pour les adultes dépendants : cela reste une problématique criante du fait des budgets insuffisants attribuées par les entités fédérées à la création de services d’accueil et de logement spécialisés.
 
L’accompagnement des adultes plus autonomes : la transition vers l’âge adulte représente un défi considérable pour toutes les personnes autistes qui ont des difficultés dans les relations sociales dans un environnement ordinaire. Leurs capacités sont pourtant importantes et utiles à la société. Celle-ci ne les reconnaît pas et rejette trop rapidement tout individu porteur d’une différence. Il est indispensable de créer de services qui puissent accompagner et coacher les adultes pour qu’ils aient accès à un emploi et à une vie autonome et le plus possible épanouissante.
 

Les rencontres politiques du GAMP & les BD des revendications pour les élections communales 2018

Elections, Politique


 

Bien que la politique du handicap soit une matière régionale, elle a un impact important aux niveaux communal et fédéral.  A l’occasion des élections communales d’octobre 2018, cet été, le GAMP a rencontré tous les partis politiques francophones pour leur présenter ses revendications et demander à chacun leurs engagements dans leur programme électoral. Accédez à notre cahier de revendications sur notre site.

 

Le GAMP rappelle le cadre juridique de ses revendications:

    – La ratification en 2009 par la Belgique de la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées.  En 2014, lors du premier examen de son application, la Belgique a été épinglée pour le peu de résultats.  Le prochain examen aura lieu en 2019.
    – La condamnation de l’état Belge en 2013 pour violation de la Charte sociale européenne envers les personnes handicapées de grande dépendance.

 

Lors de ces rencontres, nous avons été écouté avec attention et des engagements avec les partis sont ressortis :

    – Des groupes de travail sur les revendications générales du GAMP, en prévision des élections Régionales et Fédérales
    L’intégration de certaines nos revendications dans les programmes communaux 2018
    L’envoi de notre cahier de revendications communales à tous les chefs de file des partis
    – Des interpellations parlementaires à l’attention des ministres concernés.

 

S’agissant d’un sujet déjà fort complexe et pouvant s’avérer parfois fastidieux dans sa compréhension, nous avons créé un outil didactique et facile à lire sous forme de Bande-Dessinées. Celles-ci reprennent six revendications permettant aux Communes d’aider les personnes en situation de handicap dans leur vie quotidienne.
 


 

Ces 6 documents ont largement été diffusés à tous nos contacts politiques ainsi que sur les réseaux sociaux. Nous espérons ainsi faciliter la compréhension de nos revendications dans l’espoir qu’elles soient prises en compte. Voici les liens vers nos BD :

 

 

 

Les classes inclusives 2018-2019

Enseignement et transport scolaire


 
En Belgique l’enseignement est encore fort catégorisé : l’enseignement dit « ordinaire » et l’enseignement « spécialisé ». Mais ces dernières années le monde scolaire se voit investi par une nouvelle tendance que nous espérons grandissante et qui devrait, à plus long terme, amener vers une « école inclusive ».

 
Précisons d’abord qu’une école inclusive est une « école pour tous » et où les élèves en situation de handicap sont parfaitement intégrés/inclus au sein des classes ordinaires avec les aides nécessaires. Actuellement, cela est encore peu répandu mais une formule intermédiaire, celle des classes dites « inclusives », a vu le jour depuis 2 ans.
 
Depuis l’année scolaire 2016-2017, ces classes accueillent des élèves handicapés au sein d’écoles ordinaires. Ces élèves bénéficient d’un enseignement spécialisé au sein de leur classe mais ils côtoient des élèves ordinaires à des moments précis de la journée (cours de récréation et autres activités).  Chaque année, de nouvelles classes inclusives voient le jour.
 
Pour l’année 2018-2019, à notre connaissance, trois nouvelles classes ont vu le jour (en plus de celle déjà existantes). Sachant qu’elles sont complètes, elles restent un modèle qui pourrait permettre de convaincre d’autres écoles et directions de suivre ce bel exemple :

 

 

  • Province du Brabant wallon:

 

« L’école Communale de Mousty » en collaboration avec l’école spécialisé de type 2 « le Grand Tour » accueille aujourd’hui 6 enfants âgés de 6 à 12 ans porteurs d’une déficience mentale modérée ou sévère.

 

 

  • Province du Luxembourg :

 

« Institut Notre Dame de Bastogne » en collaboration avec « l’école spécialisé du Mardasson » accueille 4 élèves de 6 à 8 ans.

 

 

  • Province du Hainaut :

 

« l’institut Notre-Dame de Jemappes » en collaboration avec l’école « Espérance » accueille entre 7 et 9 enfants.

 

Retrouvez la liste de toutes les classes inclusives 2017-2019 sur notre site.

 

Le casse-tête du transport scolaire vers les écoles spécialisées

Enseignement et transport scolaire, Handicap informations et documents

La rentrée est déjà bien derrière nous. Nos enfants se sont désormais réhabitués aux rythmes scolaires et, tous les matins, de nombreux parents prennent la route pour l’école. Et pourtant, pour beaucoup d’enfants atteint de handicap, ce chemin peut s’avérer pénible et difficile.

 

En pratique, un bus de ramassage scolaire vient chercher gratuitement ces enfants à leur domicile pour les conduire à l’école. Malheureusement, le quotidien de ces transports ne se fait absolument pas dans les meilleures conditions.

 

Le 7 mars dernier, lors d’un après-midi d’échange organisé par la Ligue des Familles, l’UNIA et le Délégué Général aux Droits de l’Enfant, les principaux acteurs de la thématique ont décidé d’interpeller le monde politique, le grand public et les médias en imposant le sujet à l’agenda des différents niveaux de pouvoir concernés et ce, jusqu’aux prochaines élection.

 

C’est au travers de témoignages personnels recueillis par l’ASBL Urbanisa’son que nous avons pu constater que ces transports pouvaient devenir un véritable chemin de croix pour les enfants :

 

 

    • Vétusté du matériel roulant ;
    • Ceintures de sécurité non adaptées aux voiturettes d’enfants handicapés, qui doivent donc parfois voyager sans être attachés ;
    • Temps de trajet beaucoup trop long, parfois rallongés par une série d’embûches (garde alternée de parents séparés, difficultés de circulation, travaux, vitesse commerciale du bus de 30 km/h, écoles spécialisées trop éloignées du domicile familial, etc.) ;
    • Horaires peu adaptés au quotidien des familles ;
    • Personnel parfois distant avec les enfants ;
    • Complications entre les enfants du bus ;
    • Manque de formation du personnel accompagnant ;
    • Etc.
    « Une maman témoigne de son expérience. Son fils de 7 ans se lève à 6h du matin. Le bus part à 7h et l’école commence à 8h30. Son fils passe donc 1h30 dans le bus le matin, dont parfois une demi-heure à attendre devant l’école. »

 
Le trajet vers l’école devient ainsi pour certains parents un casse-tête logistique, un passage obligé que l’on aimerait éviter. Les conséquences peuvent être nombreuses pour les parents et les enfants.
 
Le stress causé par ces trajets (allers et retours) influe sur leur santé, mais aussi leur réussite scolaire. Leur socialisation est en outre gravement perturbée par ces troubles répétés matins et soirs.
 

    « La maman voit son fils s’écrouler en pleurs en rentrant de l’école et il faut prendre chaque soir le temps de débriefer le trajet et toutes les tensions vécues. Toute l’organisation de la famille tourne autour de ce retour. »

 
Comme pour tout problème complexe, il est évident qu’il n’existe pas de solution miracle. Il y a, en revanche, de nombreuses pistes à explorer :

 

    • Prévoir des aménagements raisonnables (horaires adaptés à la vie professionnelle des parents) ;
    • Remboursement des abonnements STIB ou TEC des parents (leur permettant ainsi d’accompagner leur enfant à l’école et de diminuer le nombre d’enfants qui utilisent le transport scolaire public) ;
    • Faire de l’école un véritable relais, et non simplement lieu d’arrivée après un long trajet, en faisant en sorte, par exemple, que les accompagnants aient les informations utiles quant aux besoins des enfants ;
    • Mieux prendre en compte l’avis et les doléances des parents sur cette question ;
    • Développer des lignes régulières de bus ;
    • Etc.

 


L’une des solutions qui nous est apparue comme la plus porteuse d’espoir est celle de former de manière plus efficace les accompagnants, ainsi que de garantir une plus grande sécurité d’emploi pour ceux-ci. En effet, le TEC compte 736 accompagnants et leur propose 26 modules de formation – formations qui ne sont suivies que par une partie du personnel, les personnes sous contrat de remplacement et celles non-nommées n’y participant pas.
 
Le grand turn-over auquel ce métier est soumis implique en outre que certains bus démarrent sans accompagnant à bord. Une situation explicable, selon un directeur d’institution, par le fait que le poste n’est pas suffisamment attrayant : on doit pouvoir proposer une meilleure rémunération et une meilleure formation. La question que pose ce problème de trajets est révélatrice du manque de prise en compte des plus faibles, et ce problème dure déjà depuis longtemps. En effet, l’Union des Fédérations des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique publiait déjà en 2011 un rapport sur le sujet.
 
Par ailleurs, le 4 septembre dernier, une pétition a été mise en ligne pour demander au gouvernement des trajets moins longs pour les enfants du secondaire spécialisé.
 

    « Tant qu’il reste des enfants dans cette situation, il faut remettre ce dossier à l’agenda public. »

 
Pour aller plus loin :
 
Toutes les citations et images recueillies dans cet article peuvent être trouvées dans le document récapitulatif de l’après-midi d’étude, trouvable ci-joint.
 
Document récapitulatif de l’après-midi d’étude organisé par la Ligue des Familles, l’UNIA et le Délégué Général aux Droits de l’Enfant
 
Recommandation au ministre de la mobilité concernant l’organisation et les conditions des transports scolaires des enfants et adolescents en situation de handicap en région wallonne
 
UNIA – Transport scolaire vers l’enseignement spécialisé : les communes ont un rôle à jouer !
 
Transports scolaires vers les écoles spécialisées, Une production du service Etudes et Action politique de la Ligue des familles, Juin 2017. Une voie sans issue ?
 
Autisme : jusqu’à 5h de trajets par jour en bus (Article de La Meuse, 19/09/2018)
 
Les témoignages recueillis par l’ASBL Urbanisa’son :
 
« E-mobile, je fais maison-école en 3h » :

 

 

Le nouveau guide d’Allocations Familiales Majorées

GAMP documents, Handicap informations et documents


 
L’arrivée d’un enfant dans une famille est toujours un événement marquant… Mais qu’en est-il lorsque cet enfant est porteur d’un handicap ? Trop souvent, les familles sont livrées à elles-mêmes dès l’annonce du diagnostic. Quel organisme contacter ? Quelles aides avons nous le droit de demander ? Et à qui les demander ? Ce sont autant de questions qui restent sans réponse.
 
Le GAMP a entrepris d’aider les familles pour répondre à au moins l’une d’entres elles: quel soutien financier peut-on demander ?
 
En créant « le guide d’allocations familiale majorées », notre volonté est de rendre plus accessible et moins complexe la procédure de demande d’allocations, mais aussi d’alerter les familles sur les points qui doivent être mis en évidence pour obtenir l’aide nécessaire pour répondre aux besoins de leurs enfants. Vous trouverez donc dans ce guide une série de réponses:
 
– Qu’est ce que « les allocations familiales majorées » ?

– Ou introduire la demande ?

– Comment entamer la procédure de demande ?

– Trois tableaux de calcule de point. (votre enfant a entre 0-36 mois, entre 7 et 11 ans, + de 12 ans)

 

Retrouver le guide sur notre site.

 
Ce guide à été rédigé par Vittoria Barbaso et mis en page par Mathilde Boland, toutes deux membres du GAMP.

 

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