Archive pour la catégorie 'Enseignement et transport scolaire'

Enseignement et transport scolaire

Les classes inclusives 2018-2019


 
En Belgique l’enseignement est encore fort catégorisé : l’enseignement dit « ordinaire » et l’enseignement « spécialisé ». Mais ces dernières années le monde scolaire se voit investi par une nouvelle tendance que nous espérons grandissante et qui devrait, à plus long terme, amener vers une « école inclusive ».

 
Précisons d’abord qu’une école inclusive est une « école pour tous » et où les élèves en situation de handicap sont parfaitement intégrés/inclus au sein des classes ordinaires avec les aides nécessaires. Actuellement, cela est encore peu répandu mais une formule intermédiaire, celle des classes dites « inclusives », a vu le jour depuis 2 ans.
 
Depuis l’année scolaire 2016-2017, ces classes accueillent des élèves handicapés au sein d’écoles ordinaires. Ces élèves bénéficient d’un enseignement spécialisé au sein de leur classe mais ils côtoient des élèves ordinaires à des moments précis de la journée (cours de récréation et autres activités).  Chaque année, de nouvelles classes inclusives voient le jour.
 
Pour l’année 2018-2019, à notre connaissance, trois nouvelles classes ont vu le jour (en plus de celle déjà existantes). Sachant qu’elles sont complètes, elles restent un modèle qui pourrait permettre de convaincre d’autres écoles et directions de suivre ce bel exemple :

 

 

  • Province du Brabant wallon:

 

« L’école Communale de Mousty » en collaboration avec l’école spécialisé de type 2 « le Grand Tour » accueille aujourd’hui 6 enfants âgés de 6 à 12 ans porteurs d’une déficience mentale modérée ou sévère.

 

 

  • Province du Luxembourg :

 

« Institut Notre Dame de Bastogne » en collaboration avec « l’école spécialisé du Mardasson » accueille 4 élèves de 6 à 8 ans.

 

 

  • Province du Hainaut :

 

« l’institut Notre-Dame de Jemappes » en collaboration avec l’école « Espérance » accueille entre 7 et 9 enfants.

 

Retrouvez la liste de toutes les classes inclusives 2017-2019 sur notre site.

 

Enseignement et transport scolaire, Handicap informations et documents

Le casse-tête du transport scolaire vers les écoles spécialisées

La rentrée est déjà bien derrière nous. Nos enfants se sont désormais réhabitués aux rythmes scolaires et, tous les matins, de nombreux parents prennent la route pour l’école. Et pourtant, pour beaucoup d’enfants atteint de handicap, ce chemin peut s’avérer pénible et difficile.

 

En pratique, un bus de ramassage scolaire vient chercher gratuitement ces enfants à leur domicile pour les conduire à l’école. Malheureusement, le quotidien de ces transports ne se fait absolument pas dans les meilleures conditions.

 

Le 7 mars dernier, lors d’un après-midi d’échange organisé par la Ligue des Familles, l’UNIA et le Délégué Général aux Droits de l’Enfant, les principaux acteurs de la thématique ont décidé d’interpeller le monde politique, le grand public et les médias en imposant le sujet à l’agenda des différents niveaux de pouvoir concernés et ce, jusqu’aux prochaines élection.

 

C’est au travers de témoignages personnels recueillis par l’ASBL Urbanisa’son que nous avons pu constater que ces transports pouvaient devenir un véritable chemin de croix pour les enfants :

 

 

    • Vétusté du matériel roulant ;
    • Ceintures de sécurité non adaptées aux voiturettes d’enfants handicapés, qui doivent donc parfois voyager sans être attachés ;
    • Temps de trajet beaucoup trop long, parfois rallongés par une série d’embûches (garde alternée de parents séparés, difficultés de circulation, travaux, vitesse commerciale du bus de 30 km/h, écoles spécialisées trop éloignées du domicile familial, etc.) ;
    • Horaires peu adaptés au quotidien des familles ;
    • Personnel parfois distant avec les enfants ;
    • Complications entre les enfants du bus ;
    • Manque de formation du personnel accompagnant ;
    • Etc.
    « Une maman témoigne de son expérience. Son fils de 7 ans se lève à 6h du matin. Le bus part à 7h et l’école commence à 8h30. Son fils passe donc 1h30 dans le bus le matin, dont parfois une demi-heure à attendre devant l’école. »

 
Le trajet vers l’école devient ainsi pour certains parents un casse-tête logistique, un passage obligé que l’on aimerait éviter. Les conséquences peuvent être nombreuses pour les parents et les enfants.
 
Le stress causé par ces trajets (allers et retours) influe sur leur santé, mais aussi leur réussite scolaire. Leur socialisation est en outre gravement perturbée par ces troubles répétés matins et soirs.
 

    « La maman voit son fils s’écrouler en pleurs en rentrant de l’école et il faut prendre chaque soir le temps de débriefer le trajet et toutes les tensions vécues. Toute l’organisation de la famille tourne autour de ce retour. »

 
Comme pour tout problème complexe, il est évident qu’il n’existe pas de solution miracle. Il y a, en revanche, de nombreuses pistes à explorer :

 

    • Prévoir des aménagements raisonnables (horaires adaptés à la vie professionnelle des parents) ;
    • Remboursement des abonnements STIB ou TEC des parents (leur permettant ainsi d’accompagner leur enfant à l’école et de diminuer le nombre d’enfants qui utilisent le transport scolaire public) ;
    • Faire de l’école un véritable relais, et non simplement lieu d’arrivée après un long trajet, en faisant en sorte, par exemple, que les accompagnants aient les informations utiles quant aux besoins des enfants ;
    • Mieux prendre en compte l’avis et les doléances des parents sur cette question ;
    • Développer des lignes régulières de bus ;
    • Etc.

 


L’une des solutions qui nous est apparue comme la plus porteuse d’espoir est celle de former de manière plus efficace les accompagnants, ainsi que de garantir une plus grande sécurité d’emploi pour ceux-ci. En effet, le TEC compte 736 accompagnants et leur propose 26 modules de formation – formations qui ne sont suivies que par une partie du personnel, les personnes sous contrat de remplacement et celles non-nommées n’y participant pas.
 
Le grand turn-over auquel ce métier est soumis implique en outre que certains bus démarrent sans accompagnant à bord. Une situation explicable, selon un directeur d’institution, par le fait que le poste n’est pas suffisamment attrayant : on doit pouvoir proposer une meilleure rémunération et une meilleure formation. La question que pose ce problème de trajets est révélatrice du manque de prise en compte des plus faibles, et ce problème dure déjà depuis longtemps. En effet, l’Union des Fédérations des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique publiait déjà en 2011 un rapport sur le sujet.
 
Par ailleurs, le 4 septembre dernier, une pétition a été mise en ligne pour demander au gouvernement des trajets moins longs pour les enfants du secondaire spécialisé.
 

    « Tant qu’il reste des enfants dans cette situation, il faut remettre ce dossier à l’agenda public. »

 
Pour aller plus loin :
 
Toutes les citations et images recueillies dans cet article peuvent être trouvées dans le document récapitulatif de l’après-midi d’étude, trouvable ci-joint.
 
Document récapitulatif de l’après-midi d’étude organisé par la Ligue des Familles, l’UNIA et le Délégué Général aux Droits de l’Enfant
 
Recommandation au ministre de la mobilité concernant l’organisation et les conditions des transports scolaires des enfants et adolescents en situation de handicap en région wallonne
 
UNIA – Transport scolaire vers l’enseignement spécialisé : les communes ont un rôle à jouer !
 
Transports scolaires vers les écoles spécialisées, Une production du service Etudes et Action politique de la Ligue des familles, Juin 2017. Une voie sans issue ?
 
Autisme : jusqu’à 5h de trajets par jour en bus (Article de La Meuse, 19/09/2018)
 
Les témoignages recueillis par l’ASBL Urbanisa’son :
 
« E-mobile, je fais maison-école en 3h » :

 

 

Enseignement et transport scolaire, Informations associatives

Rentrée scolaire et inclusion des élèves en situation de handicap : un nouveau défi

classertbf
 

En cette rentrée scolaire, nous nous penchons sur la situation des enfants handicapés en Fédération Wallonie-Bruxelles. La ratification des Conventions internationales relatives aux droits implique, dès l’âge scolaire, le respect des valeurs de non discrimination et d’inclusion sociale et scolaire des personnes handicapées. Il faut éviter toute ségrégation en milieu protégé des enfants en situation de handicap.

Or en Belgique, les enfants handicapés sont pour la plupart orientés vers l’enseignement spécialisé ou vers des centres d’accueil de jour. Ainsi, deux réclamations collectives auprès des instances européennes dénoncent le manque d’inclusion scolaire en Fédération Wallonie-Bruxelles et en Communauté flamande des enfants avec une déficience intellectuelle sévère. Nous soutenons ces démarches.

Dans ce contexte, émergent deux concepts distincts : intégration et inclusion. Ils impliquent le retour ou le maintien en milieu scolaire ordinaire des élèves handicapés, en fonction de leurs besoins spécifiques. Les familles sont aujourd’hui davantage demandeuses d’inclusion à l’école ordinaire et une partie du secteur de l’enseignement répond positivement. Cette tendance se reflète dans la législation et notamment dans le Pacte d’excellence qui vise à renforcer la qualité de l’enseignement pour tous les élèves. Le Pacte met aussi en évidence des passerelles pour réinsérer les enfants handicapés dans l’enseignement ordinaire. C’est ainsi que des initiatives menées par des parents ont abouti récemment à la création d’un nouveau type de classes, dites « inclusives ».

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Enseignement et transport scolaire, Informations associatives

Des classes « inclusives » s’installent à l’école ordinaire en cette année scolaire 2017-2018

Ce premier septembre 2017, en province de Namur, deux écoles primaires ordinaires ont ouvert leurs portes à 13 enfants porteurs de handicap mental (relevant du type 2 de l’enseignement spécialisé). L’école communale de Bièvre et le Séminaire de Floreffe ouvrent chacune une classe verticale (de la 1ère à la 6ème primaire) pour enfants porteurs de déficiences mentales. Ces classes proposeront dès lors une pédagogie adaptée aux enfants à besoins spécifiques par le biais des écoles spécialisées (l’école d’enseignement spécialisé CFWB « Le Caillou » d’Anseremme et le centre scolaire Claire d’Assise de Bouge) associées au projet, tout en garantissant à ces enfants de pouvoir évoluer dans un milieu ordinaire.

 

Ces projets réunissent le meilleur des deux mondes. Les enfants bénéficieront de tout l’encadrement dont ils ont besoin (logo, kiné, puéricultrice, plan individuel d’apprentissage,…) tout en étant inclus dans la vie quotidienne de l’école (gym, repas, activités transversales, excursions, etc.). Selon le niveau des enfants, des sessions d’accrochage en français, math, ou étude du milieu seront organisées dans les classes ordinaires

 

L’inclusion de l’enfant porteur de handicap dans un milieu scolaire ordinaire permet d’atteindre des objectifs de développement des compétences cognitives, psychomotrices et sociales de l’enfant. De manière générale, l’inclusion favorise l’insertion de l’enfant dans l’ensemble de la société. Cette approche s’avère également bénéfique pour les autres enfants qui développent leur respect de l’autre, leur empathie et leur estime de soi.

 

Cet article est extrait du communiqué de presse de l’asbl Base 21 qui a édité une brochure téléchargeable dans la partie « Enseignement ordinaire et intégration » sur le site du GAMP.

 

Pour davantage d’approfondissements, lisez la carte blanche publiée récemment dans Le Vif  par des parents responsables des asbl Base 21, Alternative 21 et Souris-moi impliquées dans l’ouverture de ce type de classes.

 

Enseignement et transport scolaire

Rentrée scolaire : ouverture de nouvelles écoles et classes dans l’enseignement spécialisé

C’est la rentrée scolaire ! Nous faisons le point sur les nouvelles écoles et classes dans l’enseignement spécialisé :

Les As Trôn’Autes
Une nouvelle école pour enfants autistes ouvre ses portes à Ixelles : Les As Trôn’Autes. Des cours spécialisées de type 2 (déficience intellectuelle modérée ou sévère) seront données à une soixantaine d’élève en primaire et maternelle.
Informations :
– 111, Rue du Trone, 1050 Bruxelles
– Direction : Madame Rul
– Téléphone : 0477/50.68.28
– Email : /
– Site : /

Institut Decroly

institutdecroly
Deux classes de six élèves pour enfants de deux à cinq ans verront le jour à l’Institut Decroly à Uccle. Cette ouverture d’une section Autisme maternelle fait partie des mesures du plan Autisme.
Informations :
– Rue du Bambou 9, 1180 Uccle
– Direction : Madame Mme Rosier
– Téléphone : 02/332.02.39
– Email : v.rosier@decroly.be
– Site : www.decroly.be

Ecole Liventourne

liventourne
Cette école d’enseignement spécialisé secondaire libre de type 2 et forme 1 a été inaugurée en mai 2016. Elle est financée par la Communauté Française et permet d’accueillir des étudiants de 13 à 21 ans.
Informations :
– Direction : Chantal Baurant
– Téléphone : 010/40.16.18 ou 0475/70 53 63
– Email : directionlvtbaurant@gmail.com
– Site : www.liventourne.be  

Enseignement et transport scolaire, Handicap Grande Dépendance, Médias, Politique

Contention, maltraitance et exclusion scolaire des enfants handicapés

On vous en avait déjà parlé : l’actualité ces derniers jours a été fort remplie suite aux différents témoignages de parents qui ont fait écho dans les médias. Nous reprenons ces cas en détails.

En février, Simona Montorfano a entamé une grève de la faim pour dénoncer la situation du petit Sami qu’elle retire de l’école non adaptée. Vie Féminine réagit et envoie un communiqué de presse cosigné par le GAMP : « Il est temps que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités envers les personnes handicapées et leurs familles ».
Deux semaines plus tard, Simona arrête la grève de la faim, mais cherche toujours une solution.
Des échanges ont lieu avec le Cabinet Milquet.

En début de ce mois, Eléonore découvre son fils attaché à une chaise en allant le chercher dans son école bruxelloise. Une autre maman, Flora, dénonce la maltraitance de son fils dans le Hainaut.
Le GAMP réagit : Cinzia Agoni, notre porte-parole, est interviewée au journal de la RTBF pour discuter de l’encadrement des enfants handicapés en milieu scolaire.
Suite à ces cas médiatisés, la Ministre Joëlle Milquet signe une circulaire sur les différentes méthodes de contention. Cette dernière fait polémique et inquiète les parents.

Ces différents cas de contention, maltraitance et exclusion scolaire mettent en avant le besoin de former les enseignants pour un meilleur encadrement des enfants handicapés.
Nous remercions Simona, Eléonore et Flora pour leur témoignage.