Table ronde associative dans le cadre du certificat interuniversitaire en TSA organisé à l’ULB

Autisme, GAMP événements et formations

 

Le certificat interuniversitaire en TSA (Troubles du Spectre de l’Autisme) a été mis en place en 2018 et prendra fin au mois de décembre. Le GAMP fut consulté à plusieurs reprises dans ce contexte et a contribué financièrement à la participation des parents et proches. Un nouveau cycle de cours est prévu en 2019 et 2020. Pour plus d’informations, veuillez vous rendre sur le site de l’ULB.
 
Dans le cadre du certificat, ce vendredi 12 octobre, nous étions conviés à une journée de formation sur la situation de l’autisme en Belgique. Dans la matinée, nous avons assisté à la présentation du « Plan transversal Autisme » francophone par Etienne Coppieters du cabinet de la Ministre Céline Fremault, de « La situation de l’autisme en Flandre » par le Pr. Jean Steyaert de la KUL, des « Guides de Bonnes Pratiques cliniques » par le Pr. Ghislain Magerotte de l’UMons.
 
Lors de la table ronde associative de l’après-midi, étaient présentes les associations suivantes : Autisme en Action, Autisme Liège, Inforautisme, GAMP, Plateforme Autisolidarité (qui compte 19 associations francophones et dont toutes les associations présentes font partie) représentée par l’association Dans les yeux de Lou. Les associations ont parlé d’une même voix ! Les représentants des familles de toute la Belgique francophone ont fait état du manque cruel de services adaptés et de leurs nombreux besoins. Tous les sujets n’ont pu être abordés mais nous avons insisté sur les questions suivantes :
 
Le dépistage et le diagnostic précoces : les familles réclament la généralisation du programme de formation des professionnels « Starter » (actuellement destiné à la seule utilisation des médecins via le site de l’ONE) et de l’outil de détection précoce des signes d’autisme chez les jeunes enfants (15-22 mois) M-CHAT, que l’on trouve d’accès libre sur le site d’Inforautisme depuis 15 ans et qui est repris aussi dans le cadre du programme Starter. Nous avons en outre déploré la capacité insuffisante des Centres de Référence Autisme et les listes d’attente beaucoup trop longues (6 mois pour les enfants, 2 ans au moins pour les adultes).
 
Des interventions éducatives et comportementales (PECS, ABA, TEACCH) adaptées : les services existants spécialisés ne peuvent répondre à toutes les demandes. D’autre part, de nombreux services, comme par exemple la plupart des centres de revalidation ambulatoire, ne connaissent pas ces outils et sont pourtant largement subsidiés par les pouvoirs publics via des conventions autisme ! Nous avons fait remarquer que les guides de bonnes pratiques nationaux du CSS et du KCE n’ont même pas été mentionnés dans le Plan Autisme !
 
La formation obligatoire des enseignants des écoles spécialisées : plusieurs témoignages des élèves du certificat confirment ce que nous dénonçons depuis longtemps, à savoir que de nombreux enseignants ne connaissent pas l’autisme ni les pratiques éducatives utiles pour enseigner dans une classe à pédagogie adaptée. C’est une absurdité !
 
L’inclusion scolaire pour tous : il est indispensable de revoir le système scolaire et de permettre aux enfants handicapés de fréquenter l’école ordinaire avec le support direct dans les classes des enseignants spécialisés. Ceci est une exigence des conventions internationales des droits de l’enfant et des personnes handicapées ratifiées par la Belgique. A terme, l’enseignement spécialisé devrait disparaître et les moyens qui y sont dédiés devraient glisser vers l’école pour tous.
 
Le manque de places pour les adultes dépendants : cela reste une problématique criante du fait des budgets insuffisants attribuées par les entités fédérées à la création de services d’accueil et de logement spécialisés.
 
L’accompagnement des adultes plus autonomes : la transition vers l’âge adulte représente un défi considérable pour toutes les personnes autistes qui ont des difficultés dans les relations sociales dans un environnement ordinaire. Leurs capacités sont pourtant importantes et utiles à la société. Celle-ci ne les reconnaît pas et rejette trop rapidement tout individu porteur d’une différence. Il est indispensable de créer de services qui puissent accompagner et coacher les adultes pour qu’ils aient accès à un emploi et à une vie autonome et le plus possible épanouissante.
 

Les rencontres politiques du GAMP & les BD des revendications pour les élections communales 2018

Elections, Politique


 

Bien que la politique du handicap soit une matière régionale, elle a un impact important aux niveaux communal et fédéral.  A l’occasion des élections communales d’octobre 2018, cet été, le GAMP a rencontré tous les partis politiques francophones pour leur présenter ses revendications et demander à chacun leurs engagements dans leur programme électoral. Accédez à notre cahier de revendications sur notre site.

 

Le GAMP rappelle le cadre juridique de ses revendications:

    – La ratification en 2009 par la Belgique de la Convention ONU relative aux droits des personnes handicapées.  En 2014, lors du premier examen de son application, la Belgique a été épinglée pour le peu de résultats.  Le prochain examen aura lieu en 2019.
    – La condamnation de l’état Belge en 2013 pour violation de la Charte sociale européenne envers les personnes handicapées de grande dépendance.

 

Lors de ces rencontres, nous avons été écouté avec attention et des engagements avec les partis sont ressortis :

    – Des groupes de travail sur les revendications générales du GAMP, en prévision des élections Régionales et Fédérales
    L’intégration de certaines nos revendications dans les programmes communaux 2018
    L’envoi de notre cahier de revendications communales à tous les chefs de file des partis
    – Des interpellations parlementaires à l’attention des ministres concernés.

 

S’agissant d’un sujet déjà fort complexe et pouvant s’avérer parfois fastidieux dans sa compréhension, nous avons créé un outil didactique et facile à lire sous forme de Bande-Dessinées. Celles-ci reprennent six revendications permettant aux Communes d’aider les personnes en situation de handicap dans leur vie quotidienne.
 


 

Ces 6 documents ont largement été diffusés à tous nos contacts politiques ainsi que sur les réseaux sociaux. Nous espérons ainsi faciliter la compréhension de nos revendications dans l’espoir qu’elles soient prises en compte. Voici les liens vers nos BD :

 

 

 

Les classes inclusives 2018-2019

Enseignement et transport scolaire


 
En Belgique l’enseignement est encore fort catégorisé : l’enseignement dit « ordinaire » et l’enseignement « spécialisé ». Mais ces dernières années le monde scolaire se voit investi par une nouvelle tendance que nous espérons grandissante et qui devrait, à plus long terme, amener vers une « école inclusive ».

 
Précisons d’abord qu’une école inclusive est une « école pour tous » et où les élèves en situation de handicap sont parfaitement intégrés/inclus au sein des classes ordinaires avec les aides nécessaires. Actuellement, cela est encore peu répandu mais une formule intermédiaire, celle des classes dites « inclusives », a vu le jour depuis 2 ans.
 
Depuis l’année scolaire 2016-2017, ces classes accueillent des élèves handicapés au sein d’écoles ordinaires. Ces élèves bénéficient d’un enseignement spécialisé au sein de leur classe mais ils côtoient des élèves ordinaires à des moments précis de la journée (cours de récréation et autres activités).  Chaque année, de nouvelles classes inclusives voient le jour.
 
Pour l’année 2018-2019, à notre connaissance, trois nouvelles classes ont vu le jour (en plus de celle déjà existantes). Sachant qu’elles sont complètes, elles restent un modèle qui pourrait permettre de convaincre d’autres écoles et directions de suivre ce bel exemple :

 

 

  • Province du Brabant wallon:

 

« L’école Communale de Mousty » en collaboration avec l’école spécialisé de type 2 « le Grand Tour » accueille aujourd’hui 6 enfants âgés de 6 à 12 ans porteurs d’une déficience mentale modérée ou sévère.

 

 

  • Province du Luxembourg :

 

« Institut Notre Dame de Bastogne » en collaboration avec « l’école spécialisé du Mardasson » accueille 4 élèves de 6 à 8 ans.

 

 

  • Province du Hainaut :

 

« l’institut Notre-Dame de Jemappes » en collaboration avec l’école « Espérance » accueille entre 7 et 9 enfants.

 

Retrouvez la liste de toutes les classes inclusives 2017-2019 sur notre site.

 

Le casse-tête du transport scolaire vers les écoles spécialisées

Enseignement et transport scolaire, Handicap informations et documents

La rentrée est déjà bien derrière nous. Nos enfants se sont désormais réhabitués aux rythmes scolaires et, tous les matins, de nombreux parents prennent la route pour l’école. Et pourtant, pour beaucoup d’enfants atteint de handicap, ce chemin peut s’avérer pénible et difficile.

 

En pratique, un bus de ramassage scolaire vient chercher gratuitement ces enfants à leur domicile pour les conduire à l’école. Malheureusement, le quotidien de ces transports ne se fait absolument pas dans les meilleures conditions.

 

Le 7 mars dernier, lors d’un après-midi d’échange organisé par la Ligue des Familles, l’UNIA et le Délégué Général aux Droits de l’Enfant, les principaux acteurs de la thématique ont décidé d’interpeller le monde politique, le grand public et les médias en imposant le sujet à l’agenda des différents niveaux de pouvoir concernés et ce, jusqu’aux prochaines élection.

 

C’est au travers de témoignages personnels recueillis par l’ASBL Urbanisa’son que nous avons pu constater que ces transports pouvaient devenir un véritable chemin de croix pour les enfants :

 

 

    • Vétusté du matériel roulant ;
    • Ceintures de sécurité non adaptées aux voiturettes d’enfants handicapés, qui doivent donc parfois voyager sans être attachés ;
    • Temps de trajet beaucoup trop long, parfois rallongés par une série d’embûches (garde alternée de parents séparés, difficultés de circulation, travaux, vitesse commerciale du bus de 30 km/h, écoles spécialisées trop éloignées du domicile familial, etc.) ;
    • Horaires peu adaptés au quotidien des familles ;
    • Personnel parfois distant avec les enfants ;
    • Complications entre les enfants du bus ;
    • Manque de formation du personnel accompagnant ;
    • Etc.
    « Une maman témoigne de son expérience. Son fils de 7 ans se lève à 6h du matin. Le bus part à 7h et l’école commence à 8h30. Son fils passe donc 1h30 dans le bus le matin, dont parfois une demi-heure à attendre devant l’école. »

 
Le trajet vers l’école devient ainsi pour certains parents un casse-tête logistique, un passage obligé que l’on aimerait éviter. Les conséquences peuvent être nombreuses pour les parents et les enfants.
 
Le stress causé par ces trajets (allers et retours) influe sur leur santé, mais aussi leur réussite scolaire. Leur socialisation est en outre gravement perturbée par ces troubles répétés matins et soirs.
 

    « La maman voit son fils s’écrouler en pleurs en rentrant de l’école et il faut prendre chaque soir le temps de débriefer le trajet et toutes les tensions vécues. Toute l’organisation de la famille tourne autour de ce retour. »

 
Comme pour tout problème complexe, il est évident qu’il n’existe pas de solution miracle. Il y a, en revanche, de nombreuses pistes à explorer :

 

    • Prévoir des aménagements raisonnables (horaires adaptés à la vie professionnelle des parents) ;
    • Remboursement des abonnements STIB ou TEC des parents (leur permettant ainsi d’accompagner leur enfant à l’école et de diminuer le nombre d’enfants qui utilisent le transport scolaire public) ;
    • Faire de l’école un véritable relais, et non simplement lieu d’arrivée après un long trajet, en faisant en sorte, par exemple, que les accompagnants aient les informations utiles quant aux besoins des enfants ;
    • Mieux prendre en compte l’avis et les doléances des parents sur cette question ;
    • Développer des lignes régulières de bus ;
    • Etc.

 


L’une des solutions qui nous est apparue comme la plus porteuse d’espoir est celle de former de manière plus efficace les accompagnants, ainsi que de garantir une plus grande sécurité d’emploi pour ceux-ci. En effet, le TEC compte 736 accompagnants et leur propose 26 modules de formation – formations qui ne sont suivies que par une partie du personnel, les personnes sous contrat de remplacement et celles non-nommées n’y participant pas.
 
Le grand turn-over auquel ce métier est soumis implique en outre que certains bus démarrent sans accompagnant à bord. Une situation explicable, selon un directeur d’institution, par le fait que le poste n’est pas suffisamment attrayant : on doit pouvoir proposer une meilleure rémunération et une meilleure formation. La question que pose ce problème de trajets est révélatrice du manque de prise en compte des plus faibles, et ce problème dure déjà depuis longtemps. En effet, l’Union des Fédérations des Associations de Parents de l’Enseignement Catholique publiait déjà en 2011 un rapport sur le sujet.
 
Par ailleurs, le 4 septembre dernier, une pétition a été mise en ligne pour demander au gouvernement des trajets moins longs pour les enfants du secondaire spécialisé.
 

    « Tant qu’il reste des enfants dans cette situation, il faut remettre ce dossier à l’agenda public. »

 
Pour aller plus loin :
 
Toutes les citations et images recueillies dans cet article peuvent être trouvées dans le document récapitulatif de l’après-midi d’étude, trouvable ci-joint.
 
Document récapitulatif de l’après-midi d’étude organisé par la Ligue des Familles, l’UNIA et le Délégué Général aux Droits de l’Enfant
 
Recommandation au ministre de la mobilité concernant l’organisation et les conditions des transports scolaires des enfants et adolescents en situation de handicap en région wallonne
 
UNIA – Transport scolaire vers l’enseignement spécialisé : les communes ont un rôle à jouer !
 
Transports scolaires vers les écoles spécialisées, Une production du service Etudes et Action politique de la Ligue des familles, Juin 2017. Une voie sans issue ?
 
Autisme : jusqu’à 5h de trajets par jour en bus (Article de La Meuse, 19/09/2018)
 
Les témoignages recueillis par l’ASBL Urbanisa’son :
 
« E-mobile, je fais maison-école en 3h » :

 

 

Le nouveau guide d’Allocations Familiales Majorées

GAMP documents, Handicap informations et documents


 
L’arrivée d’un enfant dans une famille est toujours un événement marquant… Mais qu’en est-il lorsque cet enfant est porteur d’un handicap ? Trop souvent, les familles sont livrées à elles-mêmes dès l’annonce du diagnostic. Quel organisme contacter ? Quelles aides avons nous le droit de demander ? Et à qui les demander ? Ce sont autant de questions qui restent sans réponse.
 
Le GAMP a entrepris d’aider les familles pour répondre à au moins l’une d’entres elles: quel soutien financier peut-on demander ?
 
En créant « le guide d’allocations familiale majorées », notre volonté est de rendre plus accessible et moins complexe la procédure de demande d’allocations, mais aussi d’alerter les familles sur les points qui doivent être mis en évidence pour obtenir l’aide nécessaire pour répondre aux besoins de leurs enfants. Vous trouverez donc dans ce guide une série de réponses:
 
– Qu’est ce que « les allocations familiales majorées » ?

– Ou introduire la demande ?

– Comment entamer la procédure de demande ?

– Trois tableaux de calcule de point. (votre enfant a entre 0-36 mois, entre 7 et 11 ans, + de 12 ans)

 

Retrouver le guide sur notre site.

 
Ce guide à été rédigé par Vittoria Barbaso et mis en page par Mathilde Boland, toutes deux membres du GAMP.

 

Le questionnaire « bilan des besoins » du GAMP

GAMP documents, Handicap informations et documents, Questionnaires

 

Cet été, le GAMP a renforcé ses actions politiques dans le cadre des élections communales et prochainement Régionales et Fédérales. Le GAMP porte la voix de ceux qui n’en n’ont pas jusqu’à ceux qui doivent les écouter.
 
Nos revendications prioritaires sont basées sur nos nombreuses actions et divers témoignages récoltés tout au long des années. Pour mieux les étoffer, le GAMP a conçu un questionnaire ayant pour but le recensement des besoins des personnes en situation de handicap.
 
Cette enquête, pouvant être anonyme, nous permettra d’évaluer plus concrètement les demandes urgentes et non satisfaites de ces personnes en Belgique francophone.  Le questionnaire est divisé en 5 rubriques : La personne en situation de handicap (qui est-elle, quel est son handicap…), Le diagnostic (l’annonce, l’accompagnement…), La scolarisation (quel enseignement, quelles aides…), Le logement, Vos besoins spécifiques. Il y a donc un total de 20 questions (la plupart à choix multiples) qui vous prendront un petit quart d’heure de temps.
 
Votre avis a de l’importance et le GAMP compte bien le mettre en lumière ! Nous avons déjà reçu 150 réponses, mais plus vous serez nombreux et davantage vos besoins seront pris en compte. Si vous avez déjà rempli le questionnaire, nous vous demandons de le faire circuler autour de vous, à des familles, amis, voisins concernés par une situation de handicap.
 
Merci pour votre participation !
 
Répondez au questionnaire ici

 

La Newsletter du GAMP Agissons ! n°14 – Pour que chacun ait sa place

GAMP Cartes blanches, GAMP documents, GAMP Newsletter, Handicap Grande Dépendance, Politique

 

Notre nouvelle Newsletter N°14 – « Pour que chacun ait sa place » est en ligne

A la une :

  • Notre Cahier de Revendications Communales
  • Le point sur l’affaire des Conventions nominatives wallonnes
  • L’hommage à Alexis Deswaef ancien président de la Ligue des Droits Humains
  • La Carte blanche de Corine Jamar sur les emplacements réservés, et autres informations utiles.

Bonne lecture et bonnes vacances !

Conventions nominatives en Wallonie : un feuilleton sans fin …

GAMP actions et sit-in, Handicap Grande Dépendance, Législation et Parlements, Médias, Politique

 

Fin mai, l’AViQ (Agence pour une Vie de Qualité en Région wallonne) envoyait un courrier aux familles de personnes handicapées en attente d’une place d’accueil pour leur enfant, leur annonçant que, pour l’année 2018, aucun budget supplémentaire n’était dégagé par le Gouvernement wallon pour les conventions nominatives.

 

Une convention nominative est un budget individuel accordé à une personne en situation prioritaire ou d’urgence qui lui permet d’être accueillie dans un service ou institution donnée. Si la personne ou le service décide de mettre fin au contrat, le budget est perdu pour la personne et retiré au service.
Depuis début 2000, ce système de subventionnement est en vigueur pour pallier en partie au manque de places d’accueil pour les personnes gravement handicapées et/ou en situation d’urgence pour raisons familiales.

 

Actuellement, ce budget dépasse globalement les 30 M d’euros. Chaque année, il est augmenté pour faire face aux nombreuses demandes.
Ainsi, en 2015, le budget avait connu une augmentation de 2,4 M d’euros, en 2016 et 2017 de 3 M d’euros chaque année. Or, cette année 2018, l’augmentation n’a pas été octroyée. Bourde de l’AViQ ou décision politique d’austérité ?

 

Alertée par un groupe de parents dont des membres du GAMP, la Ministre wallonne en charge de la politique du handicap en Wallonie, Alda Greoli, s’est voulue rassurante et a déclaré qu’un budget était bel et bien disponible au sein de l’AViQ. Celle-ci aurait donc fait une erreur de communication.
Pour en avoir le coeur net, le 5 juin, une quinzaine de familles concernées se sont rendues spontanément au cabinet de la Ministre Greoli à Namur. On leur a donc annoncé que les conventions nominatives déjà négociées par l’AViQ seraient honorées, soit 61 conventions pour 1 M d’euros.

 

Néanmoins, nous sommes loin des chiffres des dernières années qui avaient vu attribuer 185 conventions en 2016 et 136 en 2017 ! Si les premières 61 familles concernées ont trouvé donc leur bonheur, des centaines d’autres restent malheureusement sur le carreau.

 

En même temps, les réseaux sociaux ont largement diffusé l’information (plus de 15.000 personnes atteintes par un des post Facebook sur la page du GAMP) et les media se sont tout aussi largement intéressés au sujet (le Journal Télévisé de RTL, la radio de la RTBF La Première, la DH et le Guide social sur Internet). Vous trouverez une revue de presse prochainement sur notre site (lien bientôt disponible).

 

Veuillez accéder à la vidéo de l’interview du GAMP.

 

 

La médiatisation a donné lieu à des interpellations parlementaires aussi bien en Région Wallonne qu’en Région bruxelloise. La réponse de la Ministre Greoli n’a d’ailleurs pas été jugée satisfaisante, voir la vidéo accessible sur Facebook de l’interpellation par le député Matthieu Daele.

 

La pratique des conventions prioritaires et nominatives est aussi développée en moindre mesure par la COCOF pour permettre à des bruxellois d’obtenir une place d’accueil en Wallonie. A ce jour, quelques dizaine de conventions sont octroyés. La Ministre Céline Fremault en charge de la politique du handicap à Bruxelles a tenu dès lors à rassurer les familles de la capitale sur la pérennisation de ces conventions et sur l’octroi de quelques budgets supplémentaires en 2017 et 2018.

 

Cette affaire n’a néanmoins pas été complètement élucidée. D’autres questionnements surgissent et demandent réponse dans les semaines qui viennent et en vue des futures élections régionales de 2019. Car les conventions nominatives ne peuvent à elles seules résorber le manque de places ni constituer la seule réponse aux situations complexes et d’urgence. Il importe en effet que les gouvernements donnent des réponses structurelles, comme ils s’y sont engagés lors de la condamnation de l’Etat belge et de ses entités fédérées par le Comité Européen des Droits Sociaux en 2013. Le GAMP restera donc très attentif à l’évolution de ce dossier, soyez-en certains !

Carte blanche : Emplacement réservé : on n’est pas sorti de l’auberge ! – Par Corine Jamar

GAMP Cartes blanches

Corine, maman d’Eleni, nous raconte ses péripéties avec l’emplacement réservé situé devant sa maison. Celui-ci devrait, dans la principe, lui rendre la vie plus facile et l’aider dans l’accompagnement de sa fille en situation de handicap.
Au contraire, cet emplacement devient une source intarissable de problèmes et situations parfois même assez cocasses. Un récit drôle et vivant, en prélude de la carte blanche rédigée par Corine.

 

 

Il est 10h du matin. Mon compagnon est allé chercher notre fille à Libramont, le centre où elle vit la semaine. Plus tôt dans la matinée, constatant que l’emplacement réservé devant la maison était libre, youpi, c’est pas tous les jours, j’y ai garé ma voiture. La carte handicap, comme d’habitude, est bien visible.

 

Tout à coup, la sonnette retentit. Insistante. Un, deux, trois, quatre coups. J’ouvre, et tombe nez à nez avec quatre flics (ont-ils chacun sonné ?) armés jusqu’aux dents, et aimables comme des portes de prison : même pas un bonjour. Qu’ai-je fait ? De quoi me suis-je rendue coupable ? L’unique flic de sexe féminin me demande, avec un mouvement brusque du menton, si cette voiture, elle désigne ma petite Smart, est à moi. Oui. Montrez-moi la carte handicapée. Moi : pourquoi ? Vérification. Bon.

 

Je prends quelques secondes pour enlever mes grosses pantoufles en forme de grenouille et enfile des baskets dont je ne noue pas les lacets, la dame a l’air pressé. J’ouvre la portière côté passager. Je prends la carte, puis, affichant un air victorieux puisqu’elle est parfaitement valide, la lui tend. Elle la retourne d’un air soupçonneux, et dit : ce n’est pas vous, Eleni ? Ben, non, c’est ma fille. C’est elle qui est en situation de handicap et pour qui j’ai, à l’époque, introduit une demande pour obtenir cette carte handicap… Où est-elle votre fille ? À la maison ? Non, mais elle ne va pas tarder, son papa est allé la chercher, elle sera là d’ici une bonne heure. Dans ce cas, rétorque-t-elle, veuillez tout de suite dégager votre véhicule. Pardon ? Elle m’explique : la loi ne vous autorise pas à profiter – profiter ! – d’une place réservée en l’absence de la personne concernée. Je suis au courant, merci, et je vous signale que ma voiture ne s’y trouve jamais, la semaine. Mais voilà, nous sommes vendredi, et le vendredi ma fille IMC et autiste rentre à la maison. La place était libre ce matin, j’y ai donc garé ma voiture. Comme ça, quand je devrai me rendre avec elle à sa séance de kiné à Waterloo cet après-midi, au moins, la voiture sera devant la maison. Si elle était restée à l’endroit où elle a passé la nuit, tout en haut de la rue (qui monte), j’aurais dû partir au moins ¼ d’heure plus tôt, vu l’allure d’escargot à laquelle marche Eleni.

 

La flic : vous remettrez votre véhicule quand elle sera là, en attendant, dégagez. C’est une blague ? Apparemment non, la dame ne rigole pas. Et ses acolytes encore moins (seraient-ils non verbaux auquel cas je pourrais tenter la méthode PECS ou leur présenter le carton azerty avec lequel ma fille communique). Comme avec elle quand je veux qu’elle comprenne bien quelque chose, je décide de parler lentement, et d’articuler : madame, dis-je, si j’enlève ma voiture maintenant, la place a toutes les chances d’être de nouveau squattée par des conducteurs indélicats, donc, ne vous en déplaise, je n’en bouge pas. Lancée, j’ajoute : tous les jours de la semaine, madame, cette place est prise par des conducteurs ne possédant qu’une carte « riverain. » Pourquoi leur foutez-vous la paix, à eux ? Et je ne parle pas de ceux qui SONT en possession d’une carte handicapée sauf qu’il ne s’agit pas de la leur mais bien de celle de leur grand-mère morte au siècle dernier ! Le pire, ce sont les conducteurs qui n’assument pas entièrement leur acte et qui garent la moitié de leur voiture sur la place libre qui se trouve devant, ou derrière. La conscience à moitié tranquille plutôt que pas du tout. Sans laisser le temps à la flic d’en placer (sic) une, je poursuis : pourquoi les agents verbalisateurs ne sont-ils autorisés à coller des prunes qu’aux malheureux seulement coupables de ne pas avoir mis assez d’argent dans vos foutus horodateurs ? Et pas à ceux qui se garent sur les emplacements handicapés ? Pourquoi ont-ils droit à l’impunité, et pas les autres ?

 

La flic : Les agents verbalisateurs ne sont pas habilités à coller des amendes à ce type de contrevenants, il faut introduire une plainte. Moi : hé bien, habilitez-les alors, c’est simple ! Si vous continuez, dit-elle en élevant la voix, je vous confisque votre carte et vous ne la récupérerez pas de sitôt, c’est moi qui vous le dis ! Dans ce cas, madame, puisque vous en parliez, je porte plainte !

 

La situation allait s’envenimer quand j’entends un houhou familier. C’est ma fille qui arrive, avec son papa. Son handicap étant aussi visible que la carte l’autorisant à « profiter » d’une place réservée, il a tôt fait de refroidir les ardeurs policières de la dame qui conclut, comme dans les films : c’est bon pour une fois. Ah mais non, dis-je, je n’en ai pas fini avec vous ! Forte de la présence de ma fille, je reprends : vous vous pendez à ma sonnette, vous ne me dites pas bonjour, vous m’agressez et, en plus, vous débarquez à quatre comme si j’étais une criminelle alors que vous n’agissez pas contre les VRAIS resquilleurs. Elle : je vous l’ai dit, la prochaine fois que vous constaterez que quelqu’un n’étant pas en possession de la carte handicapée s’installe sur l’emplacement, vous n’aurez qu’à appeler la police. J’éclate de rire : mais ça fait des années que je ne l’appelle plus, la police, ça ne sert à rien qu’à m’attirer des ennuis supplémentaires : soit elle vient des heures plus tard, parfois en pleine nuit, et la voiture n’est déjà plus là (et moi, au lit), soit elle ne vient pas du tout. Et si la dépanneuse a embarqué la voiture illégalement garée, le lendemain, je retrouve dans ma boîte aux lettres, au mieux : des œufs cassés ou de la pâte dentifrice, au pire : une lettre me menaçant de me régler mon affaire si je touche encore une fois à leur chère voiture. On a déjà cassé un phare, crevé un pneu et griffé la carrosserie de la mienne alors merci bien ! Là-dessus, puisque ma fille est là, et qu’ils n’ont momentanément plus rien à me reprocher, ils s’en vont (sirène hurlante, de vrais cowboys.)

 

Racontant cette histoire à une amie, celle-ci avoue elle aussi garer sa voiture sur un des emplacements réservés de sa rue mais s’empresse d’ajouter (avant que je ne l’étrangle): il y en a quatre, et tous ceux qui étaient en droit d’y parquer leur voiture sont morts ! Du coup, ils sont tout le temps libres ce qui fait râler les voisins qui, eux, tournent pendant des heures. Marre. Peut-être n’y a-t-il plus d’handicapés dans ta rue, lui dis-je, mais d’autres personnes handicapées, pas nécessairement du quartier, ont parfaitement le droit de s’y mettre. Ça n’arrive pratiquement jamais, me dit-elle, vu qu’elle habite un quartier plutôt résidentiel. Et si quelqu’un s’y met, c’est un resquilleur ! Certains sont bien en possession d’une carte pour handicapés mais ne le sont pas plus qu’elle, ou moi. Bien sûr, il y a des handicaps invisibles mais je ne pense pas que ce soit le cas de tous les conducteurs et conductrices qui s’installent sur les places dans sa rue. Une seule solution, lui dis-je : demander à ce que ces emplacements qui ne servent plus à rien soient enlevés !

 

Gros, très gros soupir. Il y a un an, mon amie s’est rendue à la commune pour signaler qu’il n’y avait plus de personnes en situation de handicap dans sa rue et que, donc, s’ils pouvaient agir en conséquence, ce serait bien. La dame du guichet lui a alors dit de s’adresser à la police. Ce qu’elle a fait. Après avoir, par téléphone, exposé l’objet de sa demande et attendu un bon quart d’heure qu’on veuille bien transmettre la communication à l’agent responsable, elle s’est entendue répondre que ce type de demande est traité par un service spécial ayant l’habitude de se réunir en collège. Un policier doit ensuite venir vérifier sur place que mon amie ne raconte pas d’histoires (à ce jour, il n’est toujours pas passé.) Une décision est alors prise, et transmise à la commune. Dont les fonctionnaires doivent eux aussi se réunir en collège. Échevinal, cette fois. Vous en avez encore pour un moment, ma petite dame ! lui avait dit à l’époque le policier quasi hilare. Ajoutant : si dans un an, rien n’a changé dans votre rue, je vous autorise à me rappeler. Un an et quelques semaines ont passés depuis, et rien… Du coup, tout le monde s’assoit sur le problème et les voitures des voisins de mon amie, sur les emplacements réservés.

 

Le Cahier de Revendications du GAMP pour les Elections Communales 2018-2024 est en ligne !

GAMP documents, Handicap Grande Dépendance, Politique

Page_garde_rev_comu_2018

 

En espérant contribuer à construire ensemble une société inclusive de toutes les différences, voici la version numérique du CAHIER DE REVENDICATIONS DU GAMP pour les ELECTIONS COMMUNALES 2018-2024. Nos revendications se déclinent avec les articles de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées ratifiée par la Belgique en 2009.

 

C’est ainsi que nous avons débuté, fin du mois de mai, la tournée des partis francophones afin de rencontrer leurs Présidents. Cet article évolue en fonction des rencontres.

 

Le 28 mai, nous avons rencontré le Président du MR Olivier Chastel

 

 
 

Le 11 juin nous avons rencontré le président du Parti DéFI Olivier Maingain, ainsi que la députée Caroline Persoons.

 

35058231_1942354215795079_9120424922059898880_o

 
 

Le 14 juin, nous avons rencontré le Vice-président francophone du PTB (qui est un parti national) David Pestieau, ainsi que les députés bruxellois Claire Geraets et Michaël Verbauwhede.

 

 

Début juillet, nous aurons terminé la tournée. Un beau programme de sensibilisation en vue !

 

Suivant »